Biographie
Taro Yakumo
Artiste contemporain / Tokyo, Japon
Une vie guidée par l'instinct. D'une enfance entourée de tableaux, aux activités musicales et aux voyages autour du monde, voici l'histoire de l'entrée de Taro Yakumo dans le monde de l'art.
Petite enfance
Fils d'un marchand d'art et d'une joaillière, Taro Yakumo a grandi dans un environnement où l'art était omniprésent. Sa maison regorgeait de tableaux provenant du commerce de son père, et dès son plus jeune âge, il suivit des cours de peinture à l'huile, travaillant d'après natures mortes de fleurs et d'objets du quotidien. Quelques-unes de ces premières œuvres subsistent encore. Les murs de la maison étaient couverts de ses dessins.
Enfant, il avait peu d'amis à proximité et passait la plupart de son temps seul. Alors que les magazines de manga hebdomadaires comme Shonen Jump étaient extrêmement populaires auprès de ses camarades, il n'y portait guère d'intérêt. Il était en revanche attiré par les livres d'art présentant Picasso et Taro Okamoto, ainsi que par les collections de photographies de chemins de fer et de paysages.
Premières impressions
Bien qu'initié très tôt au commerce de son père, spécialisé dans les ouvrages Nihonga de l'ère Showa, il ne fut pas captivé par ces derniers. Il les trouvait ternes et sans intérêt. Cette première impression d'un art statique et inaccessible allait façonner sa relation à l'art pour les années à venir.
Vers la fin de l'école primaire, les lecteurs de musique portables comme le Walkman étaient devenus monnaie courante. C'est à cette époque qu'un album des Beatles emprunté le marqua profondément, jusqu'aux larmes. Ce fut sa première expérience de l'art comme quelque chose de viscéral et de vivant.
Entré au collège en pleine vague des fanfares au Japon, il se passionna pour la pratique des instruments et commença à rêver d'une carrière de musicien. Son intérêt pour les arts visuels s'estompa, même si la conception de pochettes d'albums demeura un lien discret avec le monde visuel.
Musique et nouvelle direction
Durant ses années de lycée, il s'est plongé dans la musique occidentale, s'est investi davantage dans la vie musicale d'un groupe et a commencé à envisager sérieusement une carrière internationale. Attiré par la culture mondiale et réfractaire au conformisme de la vie de groupe au Japon, il s'est tourné vers l'extérieur. Mais les mutations de l'industrie musicale, les changements du paysage médiatique et une perte progressive de passion l'ont conduit à une impasse.
La rencontre avec l'art contemporain
Au début des années 2000, l'art contemporain commença à s'imposer au Japon. La scène artistique évoluait d'une perspective centrée sur le Nihonga vers une vision plus globale. Durant cette période, il commença à assister son père lors de foires et de ventes aux enchères d'art internationales à travers l'Asie. Ce qu'il y découvrit était radicalement différent de tout ce qu'il avait connu dans son enfance : des œuvres libres, aux couleurs audacieuses, d'une ampleur impressionnante, et s'inscrivant indéniablement dans un dialogue culturel mondial.
Cette expérience a bouleversé tout ce qu'il croyait savoir sur l'art. Alors qu'il était en proie à la frustration de ne plus pouvoir s'exprimer en tant que musicien, ces rencontres avec l'art contemporain l'ont frappé avec une force inattendue.
Séoul et le monde de l'art
Attiré en particulier par la Corée, un pays qu'il visitait régulièrement, il décida d'y faire ses études en 2009. Pendant ses études universitaires à Séoul, il s'immergea dans la scène artistique contemporaine coréenne, visitant des galeries, des foires d'art et des ventes aux enchères, et acquérant ainsi une connaissance directe du fonctionnement réel du monde de l'art.
L'art contemporain coréen de l'époque se distinguait par son ampleur et son énergie, et paraissait bien plus stimulant que la scène artistique japonaise. À mesure que ses relations avec les professionnels du monde de l'art s'approfondissaient et que sa compréhension du marché s'affinait, une voie se dessinait : faire de l'art son métier.
Pratique et philosophie
Après s'être installé à Tokyo, il s'est consacré à l'organisation d'expositions, au commissariat d'expositions et à la participation à des foires d'art, avant de se consacrer pleinement à la peinture. Depuis, il a participé à des foires d'art internationales et a effectué une résidence d'artiste à New York.
Depuis, il a présenté son travail dans de grandes galeries au Japon et à l'étranger, notamment lors d'expositions individuelles au Musée préfectoral d'art moderne de Saitama et au Musée d'art asiatique de Fukuoka, ainsi que lors d'expositions à la galerie Artglorieux au sein de GINZA SIX et à la galerie Whitestone.
Par ailleurs, il a exposé dans de nombreuses foires d'art internationales en Asie et aux États-Unis, telles que Art Fair Tokyo, KIAF (Séoul), One Art Taipei (Taipei) et Aqua Art Miami. Son engagement culturel et public a également été salué, notamment par la reconnaissance officielle de la Fondation Itabashi pour les échanges culturels et internationaux.
Sa pratique continue d'évoluer, façonnée par la mémoire, la culture et l'instinct. Enracinée dans les textures nostalgiques d'une société en pleine mutation, son œuvre explore les dualités qui se cachent sous les apparences familières, guidée par une conviction unique : l'art est divertissement.
L'art est un divertissement.